Commune
Etouvans

Etude des recensements de 1851 et 1901


Entre ces deux dates, pourtant rapprochées dans le temps, la France a commencé à se transformer profondément :
- en 1851, à l’aube du Second Empire, notre pays est encore très peu industrialisé ; sa population est principalement rurale. Napoléon III lance un programme de développement des voies de communication, notamment le chemin de fer qui favorisera l’essor de l’industrie.
- en 1901, la France est sous la IIIème République depuis 31 ans. Elle entre dans l’ère industrielle marquée par le développement rapide de deux activités, la métallurgie et le textile. L’essor de ces secteurs a pour conséquence un fort exode rural, lui-même à l’origine d’une augmentation rapide de la population dans les zones où s’implantent les industries. Notre commune n’échappe pas à cette évolution.
 

CONSIDERATIONS GENERALES

En 1851, le village compte 309 habitants répartis en 59 maisons abritant 79 ménages. En 1901, on dénombre 489 habitants répartis en 100 maisons abritant 127 ménages. Le chiffre global de population a donc fortement augmenté (+180 habitants) en un demi-siècle.


PYRAMIDES DES AGES

La répartition hommes-femmes est très équilibrée en 1851 (157 hommes pour 152 femmes) ; elle l’est un peu moins en 1901 (258 hommes pour 231 femmes).

Pyramide des âges en 1851

Pyramide des âges en 1901




 

Ces deux graphiques présentent quelques différences :
- le premier est marqué par un creux concernant notamment les personnes entre 30 et 50 ans. Ceci peut s’expliquer par une natalité plus faible et une mortalité infantile plus forte dans les années 1800-1820 ;
- le second, par contre, est beaucoup plus classique (il a, en effet, la même forme que ceux rencontrés aujourd’hui encore dans les pays en voie de développement et à faible niveau de vie). La mortalité infantile a sensiblement régressé entre les deux dates notamment en raison du développement de l’hygiène et des vaccins systématiquement inoculés aux jeunes générations à partir de la fin du XIXème siècle. La base de la pyramide est large : les enfants et les jeunes (0 à 20 ans), nombreux, sont employés très tôt à la ferme ou dans les usines. Leur travail ou leur salaire sert d’appoint aux ressources de la famille.

A l’opposé, au sommet, la pyramide se raccourcit beaucoup plus vite qu’à l’heure actuelle. Les personnes de plus de 70 ans sont extrêmement rares : 5 sur 309 en 1851 et 14 sur 489 en 1901. Personne n’atteint l’âge de 80 ans. Différents facteurs expliquent cet état de fait, notamment la pratique de travaux pénibles tant à la ferme qu’à l’usine. Par ailleurs, bien que la médecine et la pharmacie se développent, les populations y ont encore peu recours faute de moyens et de couverture sociale maladie. Les maigres revenus permettant difficilement de se loger, de se nourrir et de se vêtir, il ne reste rien pour une éventuelle consultation médicale et l’achat de remèdes.


AUGMENTATION DE LA POPULATION

Pendant très longtemps, le nombre d’habitants d'Etouvans avait très peu varié. De 1851 à 1901, il croît fortement, dans le village comme dans le hameau de La Raydans.

Durant cette période, le village passe de 292 à 364 habitants. Quant à la population de La Raydans, elle explose littéralement : le nombre de familles passe de 2 à 37 et celui des habitants de 11 à 122. Pratiquement tous les adultes sont des ouvriers. L’installation, sur la commune de Colombier-Fontaine, de l’usine textile Méquillet-Noblot (le tissage entre en activité en 1860 et la filature en 1865) en est la cause : cette entreprise, en plein essor, fait immédiatement appel à une abondante main-d’œuvre qui s’installe dans les cités construites à proximité du lieu de travail.

L’évolution de la population est très importante dans les années 1880. Vu le nombre d’enfants d’âge scolaire domiciliés à La Raydans et l’éloignement du hameau, il est même envisagé d’y construire une école primaire (le projet initial prévoyait une salle d’asile pour accueillir les enfants de moins de six ans), en collaboration avec Colombier-Fontaine. Ce projet n’est finalement pas mené à son terme car cette dernière commune, jugeant les frais occasionnés trop importants pour ses possibilités, refuse en 1881 d’assurer conjointement le traitement de l’instituteur.
 

EVOLUTION DE LA REPARTITION SOCIO-PROFESSIONNELLE DE LA POPULATION

Cette répartition va subir de profondes transformations avec l’apparition de l’industrialisation.

En 1851, la structure villageoise est encore quasi d’Ancien Régime : l’énorme majorité de la population (73% des adultes) est composée d’agriculteurs propriétaires à même de satisfaire presque tous leurs besoins, au demeurant peu importants. A ces cultivateurs s’ajoutent quelques artisans (meunier, maréchal-ferrant, maçon, cordonnier, couturière) permettant alors au village de vivre pratiquement en autarcie. Les ouvriers sont très peu nombreux : seuls huit carriers figurent dans cette catégorie.

En 1901 par contre, la part des personnes employées dans l’industrie est importante : elle représente 49% de la population active. Le pourcentage des agriculteurs a, en conséquence, sensiblement baissé. On voit apparaître, au niveau du bourg, quelques familles composées du mari agriculteur et de la femme travaillant à l’usine. Pratiquement tous les ouvriers sont employés aux usines Mequillet en tant que fileurs, tisseurs ou cardeurs. Aucun ouvrier du village ne travaille aux usines Peugeot. La chaiserie Baumann et la fonderie Maitre n’existent pas encore.

Un nombre important de carriers (17) travaillent pour le compte de plusieurs patrons : Jeannin Olivier de Dampierre, Grolier et Cordier de Bart, Vernier Théophile d'Etouvans (ce dernier emploie cinq personnes de nationalité italienne). Les carrières de La Raydans sont donc alors en pleine activité et fournissent une pierre d’excellente qualité.

En 1901, les artisans sont plus nombreux et leurs activités davantage variées ; un boulanger, un boucher, un fromager, un aubergiste, un négociant en vin, deux couturières, un cordonnier, quatre menuisiers, quatre chaisiers, deux chaisières, trois maçons, un charron, deux horlogers et un maréchal-ferrant sont installés dans le village. Cette diversification s’explique : contrairement aux agriculteurs, les personnes employées dans l’industrie sont peu autonomes, notamment dans le domaine alimentaire. Ainsi, avec l'arrivée de ces nouveaux métiers, le village peut continuer à vivre pratiquement en autarcie.

Les artisans exerçant dans les métiers de bouche subsistent jusqu’à la fin des années 60. Leur disparition est due à différents facteurs : élévation du niveau de vie, entrée dans la société de consommation avec l’apparition des premiers supermarchés, multiplication du nombre d'automobiles permettant de se déplacer facilement.
 

TYPE DE FAMILLE LE PLUS COURANT

Les familles très nombreuses (plus de sept personnes) sont peu représentées (6 sur 79 en 1841 et 6 sur 127 en 1901). En 1851, 67% des ménages comptent une à quatre personnes (elles sont 66,7% en 1901). Dans les deux cas, le modèle de famille le plus représenté est celui composé de quatre membres.
 

NOMS ET PRENOMS LES PLUS REPRESENTES

En 1851, le patronyme le plus présent est Bonnot ; il regroupe 31 personnes. Viennent ensuite Jacquot (22 personnes), Devillers (20), Petitclerc (14), Vernier (13). En 1901, le patronyme Bonnot arrive toujours en tête ; il regroupe 34 personnes. Il est suivi par Devillers (27), Jeunot (17), Clément (16) et Marain (15).

Entre les deux recensements, des patronymes ont disparu : Girardin, Garnichey, Bertheret. En contrepartie, d’autres ont fait leur apparition au niveau du bourg : Marain, Schaffner et Eissemann. A cela s’ajoutent toutes les familles ouvrières nouvellement installées à La Raydans.

La population d’origine étrangère est quasi-absente. En 1851, on ne recense que trois personnes dans ce cas : un Autrichien (maître-maçon) et deux Suisses, (un tailleur de pierre et son fils). En 1901, cette catégorie de résidents regroupe six personnes : quatre tailleurs de pierre italiens, un menuisier allemand et un fromager suisse.

En 1851, 52% des habitants ont des prénoms composés comme Jean-Claude, Jean-Nicolas, Jean-Baptiste pour les hommes et Marie-Céline, Marie-Françoise pour les femmes. En 1901, la coutume des prénoms doubles a considérablement régressé pour ne concerner plus que 11% de résidents.


Ecole d'Etouvans vers 1930

 

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