Commune
Etouvans

Les conséquences de la guerre de 1870-1871 pour notre village

 

Le 19 septembre 1870, la FRANCE impériale de NAPOLEON III déclare la guerre à la PRUSSE de l’empereur GUILLAUME I et du Chancelier BISMARCK à laquelle se sont alliés les autres états de l'Allemagne actuelle. Nos armées, mal commandées et mal équipées, subissent rapidement de graves revers. A SEDAN, le 2 septembre, les forces françaises sont écrasées par l’adversaire. NAPOLEON III est fait prisonnier. C’est la fin du Second Empire.

La République est proclamée. Le nouveau régime poursuit les combats. Ils sont très violents dans notre région : batailles d’ARCEY, de VILLERSEXEL, de la LIZAINE pendant le terrible hiver 1870-1871. L’armistice est signé le 28 janvier 1871 mais des combats se poursuivent, notamment au niveau de BELFORT héroïquement défendue par le colonel DENFERT-ROCHEREAU (il ne capitule que le 16 février après 100 jours de siège).

Le conflit n’est définitivement terminé qu’en mai de la même année avec la signature du Traité de FRANCFORT. Celui-ci comprend deux clauses particulièrement dures pour le vaincu :

  • L’annexion par l’ALLEMAGNE de l’ALSACE (BELFORT excepté) ainsi que d’une partie de la LORRAINE. Cette perte est très grave parce que cette dernière région est alors l’une des plus prospères de France (extraction de charbon et de minerai de fer, bases de l’industrie de l’époque).
  • Le paiement par notre pays d’une contribution de guerre correspondant à la somme colossale de 5 milliards de francs or. En gage, 21 départements - dont le nôtre - sont occupés. Leur libération se fait progressivement au fur et à mesure du règlement de la dette jusqu’à sa totale extinction.

En ce qui nous concerne, le département est pratiquement totalement occupé et le vainqueur se montre particulièrement intransigeant à l’encontre du vaincu. Les Prussiens exigent d’importantes réquisitions et contributions de guerre qui vont peser lourdement sur les finances des communes et des particuliers.

Notre village avait été épargné par les combats, les ennemis ayant été arrêtés par le DOUBS dont les ponts avaient été dynamités ; ETOUVANS n’en doit pas moins participer au paiement des indemnités de guerre exigées par l’occupant. Ainsi, dès la fin du conflit, une contribution s’ajoutant à la dette de guerre mentionnée plus haut et correspondant à des frais d’occupation (entretien des troupes) est répartie entre les différentes communes au prorata du nombre d’habitants (50 francs pour chaque habitant des villes et 25 francs pour chaque habitant des campagnes).

Une délibération en date du 18 février 1871, à l’issue d’une séance extraordinaire du Conseil municipal d'Etouvans, prévoit d’honorer sa dette (25 francs pour 400 habitants, soit 10 000 francs) par l’intermédiaire de deux souscriptions auprès de la population pour un montant total de 8 596 francs (le complément a sans doute été assuré par des réquisitions de bétail).

Finalement, à l’inverse de ce qu’avait projeté le conseil municipal, les 8 596 francs furent avancés par deux propriétaires du lieu, MAILLUCHET Joseph et BONNOT Joseph à raison de 4 298 francs chacun. Cette somme a été versée en deux temps :   
-  2 000 francs ont été remis le 18 février 1871 entre les mains d’un capitaine prussien envoyé en réquisition dans notre village avec une compagnie de soldats ;        
- le solde, soit 6 596 francs, a été remis le 22 février entre les mains du Colonel BREDOW commandant les forces allemandes au château de Montbéliard.      
Cela représentait un capital très important : à titre de comparaison, la construction du presbytère d'ETOUVANS achevée en 1862 avait coûté 18 426 francs. Les avances précitées ont été remboursées par la commune aux deux prêteurs dès 1873 de façon à minimiser le volume des intérêts.

Quant aux 5 milliards de francs or réclamés par les vainqueurs à la nation française, ils ont été rassemblés par le gouvernement grâce à plusieurs emprunts « pour la libération du territoire » émis auprès des particuliers et des collectivités locales. Notre commune, déjà exsangue, y a participé pour un montant de 100 francs voté par le Conseil municipal en date du 10 mai 1872. L’intégralité de la somme a été versée au vainqueur dès septembre 1873. Le dernier soldat prussien a quitté le territoire français à cette date, soit plusieurs mois avant le délai fixé. Notre département, pour sa part, avait cessé d’être occupé dès septembre 1871.

 

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