Commune
Etouvans

Les plans napoléoniens (mai 1835)

Le plan cadastral napoléonien constitue, dans l’histoire de notre pays, la première entreprise d’envergure et centralisée visant à dresser l’inventaire de la propriété foncière sur l’ensemble du territoire national. Institué par la loi du 15 septembre 1807 et établi selon des normes précises  (le « cadastre-type » de novembre 1802), il a été l’outil juridique et fiscal permettant d’imposer équitablement les citoyens en fonction de leurs terres, bâties ou non.

Le découpage parcellaire  de la commune a été achevé en 1835, soit vingt années après la chute définitive de l’empereur. Il est consultable en mairie ou, plus simplement, en ligne sur le site des archives départementales : https://recherche-archives.doubs.fr/ark:/25993/a011307347265duaab4. Il est constitué de plusieurs documents. Le premier d’entre eux est le tableau d’assemblage (le plan récapitulatif) ; il situe l’emplacement des différentes sections qui constituent le territoire de la commune. Le plan de chacune de ces sections figure séparément et permet de repérer chaque parcelle avec son numéro.

Relevé méthodique et très détaillé des limites des propriétés, le cadastre napoléonien se révèle être un outil très intéressant pour comprendre l’histoire et reconstituer la physionomie du village en 1835.


Sur le plan d’assemblage, certaines informations se révèlent très instructives : elles  indiquent l’usage des terres (au début du 19ème siècle). On peut ainsi aisément relever les parcelles destinées à la culture de la vigne ou aux vergers (ces dernières sont notées « Verg »), celles définies comme étant des terrains labourables ou des prés (« Lab, Pré »), voire celles laissées en friche ou en broussailles.

Au vu du tableau d’assemblage, l’habitat est, à Etouvans en 1835, de très faible densité (de fait, selon les recensements établis à cette époque, la commune compte moins de 250 habitants).

Il est constitué d’une trentaine de bâtiments (plusieurs habitations sont néanmoins accolées les unes aux autres), majoritairement regroupés autour de l’actuelle Place de la Résistance. Quelques-uns, moins nombreux, se répartissent le long de ce qui s’appelle alors « le chemin d’Etouvans à Dampierre ». Seules deux maisons se situent hors village : le « moulin d’Etouvans » (de Rorbe) et la « maison de la Raydans ».

Plusieurs routes ne sont alors que des chemins d’exploitation ou de « défruit » (de défruitement). Les dénominations des axes principaux évoquent essentiellement les liaisons entre communes (« chemin d’Etouvans à… »).

 

 

Le plan de la section C dite « Au Village » reprend et détaille plusieurs de ces informations :

- la rue des Ecoles s’appelle alors la rue du Bourbet (!) et la rue du Nord assure la jonction entre les rues qui mènent à Dampierre et à Colombier-Fontaine ;

- les sentiers piétonniers actuels existent déjà en 1835 ;

- un ruisseau traverse le village d’est en ouest (il est aujourd’hui canalisé), alimenté par les deux fontaines disponibles, rue des Ecoles et place de la Résistance ; un lavoir prolonge cette dernière. Une pièce d’eau supplémentaire (?) pourrait occuper l’emplacement de l’actuel bâtiment du périscolaire ;

- l’église n’est pas encore construite. 

L'usage de chaque parcelle est ici aussi minutieusement indiqué : l’emplacement des vignes (Vi) et des vergers (V), des terres labourables (T) et des prés (P), des terrains dits d’aisance (A) et des friches (F) est relevé avec une grande précision

La comparaison avec le cadastre actuel (2015)

Contre toute attente, le découpage parcellaire de mai 1835 est très proche de celui d’aujourd’hui. La similitude entre les extraits cadastraux passé et présent suggère la superposition de ces documents que séparent 180 années d’histoire.

Les plans qui suivent sont ceux de 2015 ; les bâtiments actuels figurent en jaune. Ils rendent évidemment compte de l’évolution démographique du village (en forte progression à partir de 1870). Les autres couleurs rappellent quel était l’usage, au 19ème siècle, de chacune des parcelles d’aujourd’hui (une façon de rendre plus visibles les indications fournies par les plans napoléoniens et de les rapporter aux propriétés actuelles).

En 1835, les sols sont essentiellement utilisés comme :

- prés (en vert) et surfaces labourables (en brun) ;

- vergers (de couleur orange) : ceux-ci prennent place autour et dans le village (à proximité des habitations passées) ;

- vignes (de couleur violette ; cf. l’article qui y est consacré). Nombreuses, elles sont situées sur les versants exposés au sud et s’étendent bien au-delà du secteur qui y fait référence (les « Vignes de la côte ») puisqu’elles occupent aussi plusieurs parcelles au-dessous et à gauche du plateau sportif actuel.

 

 

 

Le plan cadastral de 2015 où figure l’utilisation des sols en 1835 : le village…


Sur les plans du 19ème siècle, l’usage des terres au-delà de la section C ne fait pas l’objet d’un relevé aussi détaillé. Les indications du tableau d’assemblage permettent néanmoins de reconstruire plusieurs de ces informations.

La comparaison entre les extraits des cadastres ancien et actuel permet alors d’observer (sur le secteur qui s’étend de la rue des Prés sous la Ville jusqu’au moulin de Rorbe) :

- la réduction progressive des vergers (confirmant ainsi le choix de les implanter à proximité des habitations) ;

- la prédominance des prés, pâturages et terres de labour. Ce sont par ailleurs les seules destinations des parcelles situées autour de l’unique « maison de la Raydans » (non représentée ici) ;

- l’existence de vignes qui s’étendent, là aussi, au-delà du secteur qui porte ce nom (les « Vignes des Longs Champs » sous le Crêt) puisqu’elles s’étendent jusqu’en bordure de la route qui conduit à Colombier-Fontaine.

 

 

… et le secteur de la rue des grands champs.


L’extension des constructions, l’évolution des modes de vie et de production ont considérablement modifié l’usage des sols, à Etouvans comme dans la plupart des communes rurales. La superposition des plans témoigne de ce changement de physionomie. Elle permet par ailleurs de satisfaire une saine et légitime curiosité : quel était l’usage de votre lieu d’habitation 180 ans auparavant ?

 

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